1Assurance de base et complémentaire : la première distinction à connaître
Chaque année, des milliers de résidents en Suisse reçoivent leurs nouvelles primes d'assurance maladie et se posent la même question : « Est-ce que je paie trop ? » La question est légitime. En 2026, les primes de l'assurance obligatoire des soins ont augmenté en moyenne de 4,4%, la prime mensuelle moyenne atteignant CHF 393.30. Les primes 2027 seront connues plus tard, après la procédure officielle d'approbation.
Mais ne regarder que le montant mensuel peut être une erreur. Un réexamen sérieux tient compte non seulement de ce que l'on paie, mais aussi de ce que l'on reçoit, de la franchise choisie, du modèle d'assurance, des besoins de la personne ou de la famille et des couvertures complémentaires existantes.
En Suisse, il est essentiel de distinguer l'assurance obligatoire des soins — Grundversicherung / LAMal — des assurances complémentaires — Zusatzversicherungen / LCA. Beaucoup de personnes ont les deux auprès de la même compagnie et reçoivent une documentation apparemment commune, mais juridiquement elles ne fonctionnent pas de la même manière.
L'assurance de base est obligatoire pour toute personne soumise à l'obligation d'assurance en Suisse. Caractéristique essentielle : les prestations couvertes sont définies par la loi. Personne n'obtient un catalogue de prestations de base « meilleur » simplement en choisissant un assureur plus cher. De plus, un assureur actif au lieu de domicile ne peut refuser l'admission dans l'assurance obligatoire en raison de l'âge ou de l'état de santé.
Si les prestations légales sont identiques, pourquoi de telles différences de primes ? Parce que le montant varie notamment selon l'assureur, la région de prime et le lieu de domicile, l'âge, la franchise, le modèle d'assurance choisi et l'inclusion ou non de la couverture accident.
2Payer moins ne signifie pas forcément changer d'assureur
Lorsqu'une personne nous dit « je veux baisser ma caisse maladie », la première réaction ne devrait pas être de chercher immédiatement une autre compagnie. D'autres variables méritent d'être examinées. L'une d'elles est la franchise.
Pour les adultes, la franchise ordinaire est actuellement de CHF 300 par an, avec des franchises à option de CHF 500, CHF 1000, CHF 1500, CHF 2000 et CHF 2500. Une franchise plus élevée réduit la prime, mais implique aussi d'assumer une part plus importante des coûts en cas de recours aux soins.
Ainsi : la franchise la moins chère en prime mensuelle n'est pas automatiquement la solution la plus économique en fin d'année. Une personne en bonne santé, avec peu de dépenses médicales et la capacité financière d'assumer une franchise élevée, se trouve dans une situation très différente de celle qui a régulièrement besoin de consultations, de médicaments ou de traitements.
Et une question nous paraît essentielle : si vous choisissez une franchise élevée, avez-vous la capacité financière de la payer en cas de maladie imprévue ? L'OFSP attire lui-même l'attention sur ce risque.
3Et après la franchise ?
La participation aux coûts ne s'arrête pas nécessairement lorsque la franchise est atteinte.
Dans l'assurance obligatoire, un adulte supporte actuellement une quote-part de 10% des coûts dépassant la franchise, jusqu'au plafond annuel prévu de CHF 700. S'y ajoute, dans les cas applicables, une contribution de CHF 15 par jour d'hospitalisation, avec certaines exceptions.
Une comparaison sérieuse doit donc considérer le coût global potentiel, et pas simplement « Assureur A : CHF X/mois » contre « Assureur B : CHF Y/mois ».
4Médecin de famille, HMO, Telmed ou libre choix ?
Une autre possibilité d'optimisation réside dans le modèle d'assurance. Outre le modèle standard, il existe des modèles qui restreignent le choix ou définissent une première porte d'entrée dans le système de santé. Selon la solution, le premier contact peut être un médecin de famille, un réseau/HMO ou un service de télémédecine. En contrepartie du respect des règles du modèle, l'assuré peut bénéficier d'une réduction de prime.
Mais on rencontre ici une autre erreur fréquente : choisir un modèle uniquement parce qu'il est moins cher. Un modèle peut être excellent pour une personne et peu adapté à une autre.
Avant de changer, il faut comprendre : qui dois-je contacter en premier lorsque je suis malade ? Puis-je m'adresser directement à un spécialiste ? Mon médecin actuel est-il compatible avec le modèle ? Que se passe-t-il si je ne respecte pas la procédure définie ?
Économiser sur la prime n'a de sens que si l'assuré comprend et accepte de suivre les règles de la solution choisie.
5Et les assurances complémentaires ?
Nous entrons ici dans une réalité totalement différente. Les complémentaires peuvent ajouter des prestations qui ne font pas partie de l'assurance obligatoire, selon le produit souscrit : soins dentaires, certaines thérapies, hospitalisation, voyages, lunettes, prévention ou autres couvertures.
Mais il existe une différence essentielle : un nouvel assureur n'est pas tenu d'accepter automatiquement un client dans une complémentaire. Contrairement à l'assurance de base, un examen de l'état de santé peut avoir lieu et l'assureur peut, selon le produit et les conditions applicables, refuser la proposition ou poser des limitations et réserves. L'OFSP souligne expressément cette différence.
D'où l'une des règles les plus importantes que nous transmettons à nos clients : ne résiliez pas une complémentaire avant d'avoir sécurisé la nouvelle solution.
Imaginez résilier une couverture complémentaire que vous détenez depuis des années. Vous déposez ensuite une proposition auprès d'un autre assureur. Celui-ci procède à son examen et n'accepte pas la couverture souhaitée. Vous pouvez vous retrouver sans l'ancienne couverture et sans la nouvelle. Une économie potentielle de quelques francs par mois ne justifie pas une décision précipitée.
630 septembre : attention aux délais
C'est un domaine où règne une certaine confusion. Le 30 septembre n'est pas un délai universel pour résilier toutes les assurances maladie en Suisse.
Pour les complémentaires, il faut vérifier les conditions contractuelles de la police, y compris la durée et le délai de résiliation. Selon le contrat, un préavis de trois mois pour la fin de l'année peut rendre la fin septembre particulièrement pertinente. Septembre est donc un bon moment pour sortir les polices du tiroir et vérifier quel est réellement votre délai de résiliation.
Pour l'assurance de base, la situation est différente. Pour un changement ordinaire au 1er janvier, la résiliation doit en règle générale parvenir à l'assureur actuel jusqu'au 30 novembre. L'OFSP recommande de ne pas attendre le dernier moment et suggère d'envoyer la résiliation écrite jusqu'à mi-novembre, afin de disposer d'une preuve de remise en temps utile.
Cette distinction est fondamentale : l'assurance de base et les complémentaires ne doivent pas être traitées comme un contrat unique.
77 erreurs à éviter lors du réexamen pour 2027
1. Décider uniquement sur la prime mensuelle. Économiser CHF 20 par mois peut ne pas compenser si la franchise ou le modèle ne correspondent pas à l'usage prévu.
2. Choisir une franchise élevée sans pouvoir l'assumer. Une franchise de CHF 2500 réduit la prime, mais vous devez être prêt à assumer ce montant en cas de besoin de soins.
3. Ne pas connaître les règles du modèle choisi. Médecin de famille, HMO et autres modèles peuvent réduire la prime, mais imposent des règles à comprendre et à respecter.
4. Traiter l'assurance de base et les complémentaires comme un seul produit. Ce sont des régimes différents, avec des règles de changement et d'acceptation différentes.
5. Résilier une complémentaire avant d'avoir sécurisé la solution suivante. À notre avis, l'une des erreurs potentiellement les plus dommageables.
6. Ne pas vérifier le délai de résiliation de la police. Lorsque le client réalise qu'il voulait modifier sa couverture, le délai contractuel peut déjà être écoulé.
7. Renouveler automatiquement sans réévaluer la situation. La vie change : mariage, enfants, changement d'emploi, activité indépendante, déménagement et évolutions de santé peuvent modifier les besoins de protection.
8Notre check-list pour préparer 2027
Avant de renouveler automatiquement, sortez vos polices et vérifiez :
— Combien est-ce que je paie actuellement par mois et par an ? — Quelle est ma franchise ? — Quel est mon modèle d'assurance ? — Ai-je fréquemment recouru à des services médicaux cette année ? — Ma situation professionnelle a-t-elle changé ? — La couverture accident est-elle correctement configurée ? — Quelles complémentaires ai-je ? — Est-ce que je sais exactement ce que couvre chaque complémentaire ? — Y a-t-il des couvertures qui ne correspondent plus à mes besoins ? — Y a-t-il des besoins actuellement non protégés ? — Quel est le délai de résiliation de chaque contrat ? — La solution convient-elle toujours à ma famille ?
Si vous ne pouvez pas répondre à plusieurs de ces questions, un réexamen s'impose avant toute décision.
9Comparez, mais comparez correctement
L'OFSP met à disposition Priminfo, le comparateur officiel des primes de la Confédération, qui permet de comparer anonymement les primes de l'assurance obligatoire, d'analyser les franchises et de consulter les informations sur le changement d'assureur.
Mais une comparaison de prix n'est qu'une partie de la décision. La solution la moins chère à l'écran n'est pas nécessairement la plus adaptée à la personne qui se trouve devant. C'est là qu'intervient l'analyse individuelle.
Chez Ribeiro Consulting & Services, nous pensons qu'un réexamen des assurances demande du temps et de l'information. Notre objectif n'est pas simplement de trouver une prime plus basse. Il s'agit d'analyser avec vous ce que vous payez, ce que vous avez, ce dont vous avez besoin et quelles possibilités existent.
Note : cet article a un caractère général et informatif. Les conditions, délais et possibilités de résiliation et d'acceptation dépendent de l'assurance et du contrat concrets. Avant de résilier une couverture, la documentation contractuelle applicable doit être analysée. Les informations relatives à l'assurance obligatoire, aux franchises, à la participation aux coûts, au changement d'assureur et aux modèles d'assurance ont été vérifiées auprès de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).
